• Parents.S.J

Le post-partum

Mis à jour : mai 29

Texte écrit par Anonyme B

Voir plus bas pour la version anglaise. See below for the English version.


La maternité est une belle aventure remplie d'embûches et de découvertes. Jamais je n'aurais pensé être si désorientée et à la fois si sûre de mes intuitions.


Mon fils est né prématurément à 34 semaines. Je n’ai vécu aucun stress lors de mon accouchement, car je n'avais pas eu le temps de m'y préparer étant encore au travail jusqu’à ce jour. Dû à sa prématurité, mon garçon a dû être transféré aux soins intermédiaires dans un incubateur. Par chance, nous sommes restés seulement une semaine au lieu d'un mois. Au retour à la maison, il y a eu quelques complications et plusieurs visites à l'hôpital Sainte-Justine. On trouvait dans chacune de ses selles du sang et des caillots. C'était très inquiétant. Ce n’est que quelques mois plus tard qu'ils ont découvert qu'il était intolérant aux protéines bovines et au lactose. Plus tard, ma vie fut bousculée elle aussi indépendamment de celle de mon fils.


Mon conjoint et moi formions une équipe du tonnerre. C'est seulement une fois seule que j’ai réalisé être désemparée dans mon rôle de maman. Je ne prenais pas le temps de m'occuper de moi. Je mangeais à peine pour dire, car tout tournait autour de son bien être. Je me pliais en quatre pour suivre les conseils des infirmières du CLSC quant aux complications précédentes qu'on avait découvertes liés à ses problèmes d'estomac. Mon conjoint a repris le travail rapidement. Il avait pris ses cinq semaines de paternité dès la naissance parce qu’on pensait passer davantage de temps à l’hôpital. Il n’a donc pas pu profiter beaucoup du retour à la maison.


Seule avec mon petit garçon, les questions fréquentes qui surgissaient dans ma tête étaient les suivantes : "Est-ce que je suis une bonne mère?", "Pourquoi il pleure encore?", "Il n'arrête pas de crier, pourquoi?", "Pourquoi lorsqu'il est en crise, j’ai une colère noire qui m’habite?", "Pourquoi je veux tout laisser tomber?", "Pourquoi quand je suis seule avec lui, tout s'écroule?", "Pourquoi je pleure tout le temps?".


C'était la première fois qu'un petit être dépendait de moi pour everything. J'avais peur de faire quelque chose d'irréparable. Je pleurais. Beaucoup. On voit souvent aux nouvelles des femmes qui secouent leurs bébés. J'avais tellement peur de perdre le contrôle. Encore aujourd'hui lorsque je le chicane et crie quand je suis fâchée, je fonds tout de suite en larmes, car je m'en veux terriblement. Je l'aime tellement. Je ne peux pas concevoir qu'une mère puisse avoir ces pensées, mais les enfants cherchent constamment à nous défier. Une autre de mes peurs était le fait que mon couple passe en dernier avec tout ce qui arrivait à notre fils. Je voulais absolument mettre au même niveau mes deux êtres chers.


Étant une personne routinière et très sociable, les changements qu’impliquent avoir un enfant m’ont chamboulée sur un quart de tour. Une chance pour moi que certains centres existaient pour côtoyer d'autres parents/enfants. Je m'étais fait des amies qui avaient eu leur bébé dans la même période que la mienne. Nous nous voyions quelques fois, mais j'avais tout de même l'impression de vivre seule ce genre de problèmes et réactions de mon tout petit. Pourtant, j’ai su tout récemment que quelques-unes avaient fait une dépression post-partum et je n’en avais aucune idée. Mais, ce sujet est tabou. Bref, même si ces activités nous intéressaient beaucoup mon garçon et moi, je me limitais dans mes déplacements et restais cloisonnée chez moi parce que mon bébé avait besoin d’une bonne routine de sommeil. En effet, dès ses 3 mois, il pouvait faire ses nuits à condition que je ne déroge pas de celle-ci.


Les siestes. Les déplacements. Les maladies. Les nuits. Les crises. Les moments de couple qui se font rares. Tout était un défi. On dirait que ça m'arrivait seulement à moi. Lorsque j'expliquais aux autres mamans mes péripéties, quelques-unes me répondaient comme quoi ça allait bien pour elles. Je croyais être la seule à vivre ça.


Ce que je vous dis, c'est qu'on s'oublie là-dedans. C'est rough! J'étais à boute. Je ne voyais plus les bonnes journées. Je ne voulais plus rester seule. L'ensemble de ces émotions étaient un signe de dépression post-partum. Je crois qu’il ne faut pas hésiter à consulter. Dans mon cas, ce n’est seulement qu’un an et demi après avoir donné naissance que j'ai éclaté et que j’ai fait une crise de panique. C’en était trop. C’est seulement après cet événement que je me suis prise en main, alors que j’aurais dû le faire bien avant. J'ai consulté une psychologue et aujourd'hui j'ai fait un changement de carrière et ma manière de penser est différente. J'ai aussi la chance d'avoir une famille et un mari merveilleux qui sont là pour me supporter.


De nouveaux défis s’offrent à moi et je vais mieux. Je me retrouve en tant que femme, conjointe et maman et ça forme maintenant un tout. On a enfin trouvé une gardienne pour nous donner du temps personnel et des moments en amoureux.


Peu à peu, mon garçon grandit et je le comprends mieux. Depuis qu’il sait ramper ça va mieux. En fait, nous réalisons un peu plus à tous les jours que s’il ne fait pas les choses par lui-même, il se fâche. Il veut tout faire. Même si mon garçon met ma patience à rude épreuve quelques fois, je l'aime pareil tout autant! C'est aussi un colleux. Il aime me tenir la main lors d'une promenade ou durant un film et me couvrir de bisous. Il aime jouer aux voitures avec moi et danser. Il est fier lorsque je l'applaudis et le félicite. Il aime lorsque je lui donne de nombreux becs et bobos lorsqu'il se cogne. C'est un grand garçon intelligent qui continue de me surprendre chaque jour. Il me rend heureuse.


Est-ce que j'en veux un autre bébé? Oui, mais j'ai peur de replonger dans cette dépression post-partum. C'est sûr que j'y suis mieux préparée et qu'aucun enfant n’est pareil, mais c’est une crainte qui me ralentit dans le projet d’avoir une plus grande famille.


See below for the English version. Voir plus bas pour la version anglaise.


Postpartum


Written by Anonymus B

Translated by Monica Farag


Maternity is a wonderful adventure full of challenges and discoveries. I would have never

thought that I would be so overwhelmed and yet at the same time so sure of my intuition.


My son was born prematurely at 34 weeks. I didn’t experience any stress during his delivery

since I didn’t have time to prepare for it, having been at work right up until it happened. Due

to him being born premature, my son had to be placed in an incubator. By chance, we stayed there one week instead of one month. Once at home, there were complications and

made many visits to St. Justine hospital. In every one of my baby’s stools there was blood

and clots. It was worrisome. It was a few months later that we discovered he was intolerant

to beef proteins and to lactose. Later, my life would be turned upside down independently of my son’s.


My husband and I formed an incredible team. It was soon that I realised, I was distraught in

my role as a mother. I wasn’t taking the time to take care of myself. I was hardly eating,

since everything dwelled around my son’s wellbeing. I was bending over backwards to follow

all the advice of the CLSC nurses concerning his digestive complications. My husband

quickly went back to work. He had taken his five weeks of paternity since the birth of our

baby since we thought we would be spending more time at the hospital. He therefore

couldn’t really take advantage of our return home.


Alone with my little boy, the questions that most often came to my mind were: “Am I a good

mother?”, “Why is he crying again?”, “He is screaming incessantly, why?”, “When he is

having a tantrum, why do I feel this rage in me?”, “Why do I want to give up?”, “Why does

everything go wrong when I’m alone with him?”, “Why am I always crying?”.


It was the first time that this tiny being was depending on me for everything. I was scared to

do irreparable damage. I cried. A lot. We often see on the news women who shake their

babies. I was so scared of losing control. Even today when I’m mad and I yell at him, I

immediately start to cry from feeling guilty and ashamed. I love him so much. I cannot

fathom how a mother could have such thoughts, but children are constantly defying us.

Another fear I had was that my relationship with my husband was taking a backseat with

everything going on with my son. I wanted to put both my child and my partner on equal

levels.


Being a person who loves routine and socializing, the changes brought on by having a child

threw me into a loop. It was lucky that there were centres that existed that allowed me to be

around other parents/children. I had made myself friends that had babies of similar ages. We

saw each other a few times but I was still under the impression that I was the only person

who lived the kind of problems and reactions that I was experiencing with my baby.


However, I recently found out that some of those mothers had suffered from Postpartum

depression and I had no idea. This subject is taboo. In short, although my son and I enjoyed these activities, I limited my travel and stayed cloistered at home since my baby needed a

good sleep routine. Since he turned three months, he was doing his nights if I maintained

that routine.


The naps. The displacements. The sicknesses. The nights. The tantrums. Moments with my

husband that began to feel rare. Everything was a challenge. It seemed like it only happened

to me. When I explained to others what I was experiencing, some responded as though all

was going well for them. I thought I was alone.


What I am telling you, is that we forget ourselves amid everything else. It’s rough. I was at

the end of my rope. I wasn’t seeing the good days. I didn’t want to be alone anymore. All

these feelings were a sign of Postpartum depression. I believe we shouldn’t hesitate to

consult someone. In my case, it was only after one year and a half following the birth of my

son that I experienced a panic attack. It was too much. It was only after this event that I

decided to take care of myself, something I should have done earlier. I consulted a

psychologist and today I made a change of career and my way of thinking has changed. I

also have the chance to have a family and a marvelous husband that are there to support

me.


New challenges are arising, and I am doing better. I am finding myself as a woman, as a

wife and as a mother; and now I’m whole. We finally found a babysitter that allowed us to

have some personal time and some time alone as a couple.


Little by little, my son is growing, and I understand him better. Since he has been able to

crawl, it’s going well. We are realising these days that if he doesn’t do things on his own, he

gets mad. He wants to do everything. Even if my son sometimes puts my patience to the

test, I love him the same. He is also affectionate. He likes to hold my hand while we are

walking and during a movie, and he likes to cover me with kisses. He likes playing with cars

with me and dancing. He is proud when I clap for him and when I congratulate him. He loves

it when I kiss his bumps and bruises when he hurts himself. He is a big smart boy who

continues to surprise me everyday. He makes me happy.


Do I want another baby? Yes, but I’m scared to fall back into postpartum depression. I am

more prepared, and no two children are alike, but it is fear that is slowing down my plan to

have a large family.


Nous sommes toujours à la recherche de parents qui seraient intéressés à partager leur expérience. Contactez-nous si c'est votre cas! Nous avons tous une voix qui ne cherche qu'à être exprimée.


We are still looking for parents that would be interested in sharing their experience. Contact us if it's the case. We all have stories to tell!

 
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